Le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a inauguré samedi 15 novembre 2025 le nouvel échangeur de Bambéto, une infrastructure stratégique au cœur de la capitale guinéenne. Au-delà de l’ouvrage routier, c’est un territoire longtemps considéré comme l’épicentre des tensions sociopolitiques qui se retrouve au centre d’un geste hautement politique.

Dans son discours, le ministre conseiller Yaya Sow a insisté sur la portée de cette réalisation, qu’il a présentée comme l’un des symboles de la stratégie gouvernementale visant à « moderniser la ville tout en réconciliant la Nation avec son histoire récente ». Le projet s’inscrit dans un ensemble plus large d’investissements liés au programme SIMANDOU 2040, dont l’un des piliers porte sur la refonte des infrastructures et du réseau de transport urbain.
L’inauguration intervient dans un contexte où plusieurs initiatives menées par les autorités ont visé à renouer le dialogue avec les populations de l’Axe Hamdallaye–Bambéto–Cosa : visite officielle au cimetière de Bambéto en 2021, compensation des habitants déguerpis, indemnisations liées au massacre du 28 septembre 2009, ou encore participation massive lors du référendum de septembre 2025. Autant d’actes perçus comme des signaux de détente envers une zone marquée par des années de confrontation avec l’État.
L’un des moments les plus attendus a été la décision concernant la dénomination du site. Yaya Sow a confirmé que l’ouvrage conservera l’appellation « Échangeur de Bambéto », invoquant un hommage aux victimes des violences passées. L’annonce a été accueillie par une ovation nourrie des habitants, présents par milliers.
Pour la gouverneure de Conakry, le Général M’Mahawa Sylla, l’événement s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation de la capitale. Elle a évoqué les chantiers de Kagbélén et de la cité ENCO, considérés comme les prochains jalons d’un programme d’urbanisation accélérée.
Chargée d’émotion, la cérémonie de Bambéto apparaît ainsi comme un moment charnière : un geste de réparation symbolique combiné à une stratégie plus large de modernisation urbaine. Dans un pays en transition, ce type d’infrastructures participe autant à la recomposition politique qu’à la reconfiguration du paysage urbain.
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