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Au Bénin, la fin discrète d’un soutien militaire nigérian

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Moins de deux mois après la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025, le Bénin tourne une page sensible de son histoire récente. Vendredi 30 janvier, les autorités ont officiellement organisé la cérémonie de départ du bataillon d’infanterie mécanisé nigérian déployé sur la base de Togbin, dans la banlieue de Cotonou, pour appuyer les forces nationales.

Arrivées dans un contexte de forte tension politique et sécuritaire, les quelque 200 militaires nigérians avaient été mobilisés à la demande du président Patrice Talon, via la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), auprès de son homologue Bola Ahmed Tinubu. Leur mission : sécuriser les institutions républicaines et prévenir toute tentative de déstabilisation supplémentaire.

Lors de la cérémonie d’au revoir, le chef d’État-Major général des Forces armées béninoises, le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, a tenu à souligner le rôle « déterminant » joué par le contingent nigérian. Selon lui, leur déploiement, en coordination avec la Garde républicaine et l’armée béninoise, a permis de rétablir un climat de stabilité après une séquence marquée par l’incertitude et la peur.

Derrière les discours officiels, ce retrait marque surtout le retour progressif à un fonctionnement sécuritaire strictement national. Les autorités entendent ainsi démontrer leur capacité à assurer seules la protection du territoire et des institutions, après avoir traversé l’une des périodes les plus délicates du mandat de Patrice Talon.

La présence, à Togbin, de hauts responsables militaires et diplomatiques – dont l’ambassadeur du Nigeria, Olukayode Olugbenga Aluko – a également illustré la dimension politique de l’événement. Plus qu’un simple départ de troupes, il s’agissait de réaffirmer les liens stratégiques entre Cotonou et Abuja, deux partenaires clés dans la lutte contre l’instabilité régionale.

Cet épisode met par ailleurs en lumière le rôle croissant de la CEDEAO comme médiateur et garant de l’ordre constitutionnel dans une sous-région fragilisée par les coups d’État et les menaces sécuritaires. Si son efficacité est parfois contestée, l’organisation régionale a, dans ce dossier, facilité une réponse rapide et coordonnée.

Pour le Bénin, ce retrait se veut le symbole d’un retour à la normale. Mais il rappelle aussi la fragilité persistante des équilibres politiques en Afrique de l’Ouest, où chaque crise nationale résonne désormais bien au-delà des frontières.

Imedias.net