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Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa lance une commission d’enquête sur les entraves à la justice pour les crimes de l’apartheid

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Après des décennies de silence et de douleurs non dites, l’Afrique du Sud franchit une nouvelle étape dans sa quête de justice. Le président Cyril Ramaphosa a signé une proclamation historique annonçant la création d’une commission judiciaire d’enquête chargée d’examiner les tentatives d’entrave aux enquêtes et poursuites liées aux crimes de l’époque de l’apartheid.

C’est une annonce qui résonne avec gravité dans les cœurs des familles de victimes, nombreuses à attendre depuis des années que justice soit rendue, ou tout au moins que la vérité soit dite.

« Ces retards inexpliqués ont causé une grande détresse à ceux qui attendent que justice soit faite. Cette commission est une promesse : celle d’écouter, d’enquêter et d’agir », a déclaré le président Ramaphosa.

Présidée par la juge retraitée Sisi Khampepe, ancienne membre de la Cour constitutionnelle, et assistée du juge Frans Diale Kgomo et de l’avocate Andrea Gabriel SC, la commission aura pour mission d’examiner si des pressions ont été exercées sur les forces de l’ordre et le parquet afin d’empêcher l’ouverture de dossiers issus de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC).

Elle devra aussi déterminer si des membres de ces institutions ont cédé à ces pressions, et si des mesures correctives, y compris judiciaires, doivent être envisagées. Le versement éventuel de réparations aux victimes fera aussi partie de son mandat.

Ce processus s’inscrit dans le cadre d’un règlement partiel d’une affaire portée devant les tribunaux par les familles de victimes, qui réclament depuis des années que lumière soit faite sur les interférences ayant gelé plusieurs enquêtes cruciales.

« L’histoire ne peut pas être effacée, mais elle peut être reconnue. Il est temps que ceux qui ont souffert sachent que leur douleur n’a pas été oubliée », a confié l’un des représentants des familles.

Même si certains aspects du contentieux n’ont pas été résolus à l’amiable, la commission représente un espoir de réconciliation et de vérité, alors que le gouvernement demande un gel des autres procédures en attendant les conclusions de l’enquête.

La commission couvrira la période de 2003 à aujourd’hui, époque durant laquelle plusieurs dossiers de la TRC ont été laissés de côté. Le président Ramaphosa a également salué les efforts récents du Parquet national (NPA), qui a rouvert des dossiers prioritaires et mobilisé des ressources spécifiques pour les traiter.

« Cette commission est une occasion unique de réparer une injustice historique. Ceux qui ont commis des crimes, sans avoir obtenu d’amnistie, doivent rendre des comptes. Il en va de notre mémoire collective et de notre dignité nationale », a insisté le chef de l’État.

Avec ce geste, l’Afrique du Sud ne tourne pas la page de l’apartheid, elle choisit d’affronter ce passé, les yeux ouverts, pour que la justice ne soit plus seulement une promesse, mais une réalité pour toutes les victimes.

dpa