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Accord de paix RDC–Rwanda : à Goma, la guerre continue

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Le décor est soigné, le ton solennel. Ce vendredi à Washington, les ministres des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo et du Rwanda ont signé un projet d’accord de paix, sous l’égide des États-Unis. Un nouveau jalon diplomatique dans une région meurtrie. Mais à plus de 11 000 kilomètres de là, les bombes continuent de tomber sur les collines du Nord-Kivu.

Sur le terrain, le groupe armé M23, accusé d’être soutenu par Kigali, mène une nouvelle offensive depuis janvier. Des villages sont vidés, des écoles détruites, et les populations déplacées s’entassent dans des camps de fortune autour de Goma, Rutshuru ou Bukavu. Si les chancelleries célèbrent le retour du dialogue, les habitants de l’Est congolais, eux, n’ont pas vu la guerre s’interrompre.

Une paix politique, une guerre humanitaire

« La voie vers la paix doit passer par l’action collective », a rappelé Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO, devant le Conseil de sécurité de l’ONU ce vendredi. Mais les chiffres sont glaçants :

  • 7 millions de déplacés internes

  • 27,8 millions de personnes en insécurité alimentaire

  • 1,4 million d’enfants en malnutrition aiguë

  • Et seulement 11 % du plan humanitaire 2025 financé à ce jour.

La suspension du financement de l’un des principaux donateurs de MONUSCO a laissé un vide que les autres bailleurs peinent à combler. « Les ONG n’interviennent plus que pour éviter les décès immédiats », alerte une source humanitaire à Bukavu. L’aide ne suffit plus, la survie devient un luxe.

Violences sexuelles et effondrement social

Dans les zones de conflit, les femmes et les enfants paient le prix fort. Le viol reste une arme de guerre systématique. Les survivantes, lorsqu’elles ne fuient pas, n’ont presque aucun accès aux soins, les centres de santé étant souvent pris pour cible.

Plus de 290 écoles détruites, 1,3 million d’enfants déscolarisés, notamment dans la province d’Ituri : les ravages de la guerre vont bien au-delà du militaire. Ils compromettent l’avenir d’une génération entière.

Des doutes sur l’impact réel de l’accord

La signature d’un projet d’accord n’est pas encore un cessez-le-feu. Pour l’instant, aucune trêve n’a été observée sur le terrain, ni par le M23, ni par les Forces armées congolaises. Et si l’initiative diplomatique à Washington ouvre des perspectives, elle reste fragile et suspendue à l’engagement réel des deux États à désarmer les milices, sécuriser les populations et restaurer la confiance.

Sans mesures concrètes, sans désescalade sur le terrain, cet accord risque de rejoindre la longue liste des intentions avortées dans une région qui, depuis plus de deux décennies, alterne entre négociations internationales et crises chroniques.

Imedias.net

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