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Accord de Doha : derrière la paix annoncée, la bataille silencieuse pour le contrôle stratégique de l’Est congolais

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La signature du Doha Framework for a Comprehensive Peace Agreement entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’AFC/M23 a été accueillie avec optimisme par l’Union africaine. Mais malgré les applaudissements diplomatiques, l’accord intervient dans un contexte de violence persistante à l’Est, où les populations restent prudentes face à des promesses de paix souvent trahies.

Dans un communiqué officiel, le président de la Commission de l’Union africaine a salué « un pas décisif vers la stabilité », soulignant la « détermination » des parties à renouer le dialogue. L’UA voit dans cet accord une occasion de reconstruire la confiance et de traiter les causes profondes d’un conflit qui, depuis trois décennies, déstabilise la région des Grands Lacs.

Le Qatar, remercié pour son « soutien constant » au processus, s’impose une nouvelle fois comme médiateur incontournable. En accueillant les délégations congolaises et celles de l’AFC/M23, Doha confirme sa stratégie d’investir dans la gestion des conflits internationaux afin de renforcer son poids politique au-delà du Golfe.

Les États-Unis également mentionnés dans le communiqué ont accompagné les discussions en coulisses, conformément à leur volonté d’exercer une influence plus visible dans une région où les alliances évoluent rapidement.

Le rôle du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’UA, est particulièrement souligné. Grâce à sa ligne diplomatique pragmatique et à sa capacité à dialoguer avec une large gamme d’acteurs, Lomé consolide son image d’intermédiaire crédible dans les crises continentales.

Le Panel des cinq facilitateurs de l’UA, actif depuis plusieurs mois, a contribué à maintenir le contact entre les protagonistes malgré une montée des tensions sur le terrain.

L’accord de Doha n’est pas encore un accord définitif. Il doit être complété par six protocoles supplémentaires, attendus comme la clé pour organiser : le désengagement militaire, la réintégration d’anciens combattants, la sécurisation des zones contestées et le suivi international du processus.

Des mécanismes qui, s’ils ne sont pas appliqués rapidement, risquent de transformer cet engagement solennel en nouvel épisode d’un long cycle de pourparlers inefficaces.

Dans son communiqué, l’organisation continentale appelle « toutes les parties » à respecter à la lettre les engagements pris. L’UA insiste sur sa volonté de poursuivre son travail dans le cadre de la Doha Process et du Washington Track, deux voies diplomatiques complémentaires destinées à éviter un effondrement du processus.

Elle réaffirme également son soutien aux initiatives de paix dans l’ensemble des Grands Lacs, une région où les conflits internes côtoient des rivalités transfrontalières amplifiées par des enjeux sécuritaires, démographiques et économiques.

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