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À Abidjan, quatre pays africains observent la mécanique ivoirienne de l’accès à l’électricité

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Abidjan est devenue, l’espace de quelques jours, un point de passage obligé pour plusieurs pays africains engagés dans la quête de l’accès universel à l’électricité. Du 21 au 23 janvier 2026, des délégations venues du Sénégal, du Togo, du Bénin et de la République démocratique du Congo (RDC) séjournent dans la capitale économique ivoirienne pour étudier de près l’expérience du Programme « Électricité pour Tous » (PEPT), considéré aujourd’hui comme l’un des dispositifs les plus structurants en matière d’électrification en Afrique de l’Ouest.

Reçues le mercredi 21 janvier par le directeur de cabinet adjoint du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Souleymane Soro, aux côtés de Silué Zahalo, président du Fonds PEPT, les délégations ont pu prendre la mesure d’un programme conçu comme un instrument de politique sociale autant qu’énergétique. Créé le 24 octobre 2018, le Fonds PEPT repose sur une logique simple : lever les obstacles financiers et administratifs qui empêchent les ménages d’accéder à l’électricité.

Le programme propose notamment un assouplissement des procédures de branchement et des facilités de paiement étalées sur une période allant de trois à dix ans, selon les formules choisies. Une approche qui a permis une progression rapide du taux d’accès à l’électricité et qui fait désormais de la Côte d’Ivoire un cas d’école sur le continent.

Pour les représentants étrangers, l’enjeu dépasse la simple curiosité technique.
« Cette mission s’inscrit dans le cadre de la coopération sud-sud. Nous sommes venus apprendre de l’expérience ivoirienne », résume Alassani Fousséni, directeur de cabinet du ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières du Togo. À ses yeux, l’expérience ivoirienne offre une démonstration concrète de ce qu’une politique publique bien ciblée peut produire en matière d’inclusion énergétique.

Le Bénin, où seulement 42,6 % de la population a aujourd’hui accès à l’électricité, regarde le PEPT comme un modèle susceptible d’accélérer la réduction de ce déficit. « Il existe un réel engouement dans notre pays pour s’inspirer de ce programme », confie Pedro Alidé, conseiller technique du ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines.

Le Sénégal, pourtant plus avancé avec un taux d’accès évalué à 85 %, n’entend pas relâcher ses efforts. Sa représentante, Mme Oumy Khaïry Diop, secrétaire permanente à l’Énergie, a rappelé l’objectif fixé par Dakar : atteindre une couverture électrique de 100 % d’ici 2029. La RDC, confrontée à un défi d’une tout autre ampleur en raison de l’étendue de son territoire et de la faiblesse de ses infrastructures, partage la même volonté d’accélérer sa transition énergétique.

Cette reconnaissance du modèle ivoirien est également portée par les institutions internationales. Pour Thierno Bah, spécialiste en chef de l’Énergie pour l’Afrique de l’Est et du Sud au sein du Groupe de la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire est désormais perçue comme l’un des pays de référence en matière d’accès à l’électricité sur le continent africain.

Derrière ces échanges techniques, se dessine une réalité plus large : celle d’une Afrique qui cherche à bâtir ses solutions à partir de ses propres expériences. La visite d’Abidjan s’inscrit dans une dynamique de circulation des savoirs et des politiques publiques, où l’exemple ivoirien sert de point d’appui à des stratégies nationales encore en construction.

Imedias.net

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