C’est un signal que l’Union africaine n’a pas tardé à capter. En annonçant son intention de reconnaître l’État de Palestine, le président français Emmanuel Macron semble vouloir inscrire la France dans une dynamique que de nombreux pays du Sud appellent de leurs vœux depuis des décennies : celle d’une recomposition de l’ordre international fondée sur le droit des peuples et l’équité des représentations.
Le président de la Commission de l’Union africaine, S.E. Mahmoud Ali Youssouf, a salué cette déclaration comme une avancée « significative » en direction d’une paix durable au Proche-Orient. Dans un communiqué publié ce 26 juillet, il a rappelé que cette annonce française est conforme à la Position africaine constante, réaffirmée encore récemment lors du 38ᵉ Sommet ordinaire de l’Union, tenu à Addis-Abeba en février 2025.
Pour l’Union africaine, le dossier palestinien n’est pas qu’un enjeu international : il est aussi un reflet des combats fondateurs du continent. De l’ère post-coloniale aux mouvements de libération, le soutien africain à la cause palestinienne s’est bâti sur une mémoire partagée de la dépossession, de l’occupation et de la quête de souveraineté.
La reconnaissance attendue de la Palestine par la France, ancienne puissance coloniale en Afrique, est ainsi perçue comme un réajustement diplomatique à portée symbolique, une brèche ouverte dans le mur des ambivalences occidentales sur le conflit israélo-palestinien.
Depuis plusieurs années, l’Union africaine affirme sa volonté de peser davantage dans les affaires du monde, non seulement en tant qu’espace géopolitique, mais aussi comme pôle de valeurs et de principes. À travers sa défense du multilatéralisme, du droit international et du dialogue entre les peuples, l’UA tente de se positionner comme force d’équilibre dans un monde où les logiques de blocs dominent à nouveau.
C’est dans cette perspective que le président Youssouf a appelé les autres nations à suivre l’exemple français, estimant qu’il est temps de répondre aux aspirations légitimes du peuple palestinien. Il a réaffirmé le soutien africain à une solution à deux États, dans le respect des frontières de 1967 et des résolutions des Nations unies.
Si l’annonce française n’est pas encore matérialisée par un acte officiel, elle intervient dans un climat international particulièrement tendu, marqué par une polarisation croissante sur la question israélo-palestinienne, notamment après les derniers épisodes de violences à Gaza et en Cisjordanie.
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