À l’heure où l’Afrique de l’Ouest traverse une phase de recomposition sécuritaire et politique, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest intensifie son plaidoyer diplomatique pour préserver les mécanismes internationaux de prévention des crises. Vendredi 13 février, ses représentants ont rencontré le chef du United Nations Office for West Africa and the Sahel, Leonardo Santos Simão, au siège des Nations unies à New York, dans un contexte marqué par l’expiration récente du mandat de la mission onusienne.
Une mission jugée indispensable
Le mandat de l’UNOWAS, arrivé à échéance le 31 janvier 2026, fait actuellement l’objet de délibérations au Conseil de sécurité des Nations unies. Selon Leonardo Santos Simão, les discussions portent autant sur la durée que sur l’étendue des compétences de la mission, dont le rôle central reste la diplomatie préventive et l’appui aux processus politiques régionaux.
Face à ces enjeux, l’ambassadrice Kinza Jawara-Njai, observatrice permanente de la CEDEAO auprès de l’ONU, a défendu la nécessité de maintenir un mandat « robuste et adaptable », estimant que la mission constitue un levier essentiel pour anticiper les crises et soutenir les États membres dans la consolidation de leurs institutions.
Une région sous pression
Les discussions ont également porté sur l’évolution de la situation sécuritaire et sociopolitique ouest-africaine, caractérisée par la multiplication des défis transnationaux instabilité politique, menaces terroristes, tensions institutionnelles qui exigent une coordination étroite entre organisations régionales et système onusien.
Dans ce contexte, la CEDEAO considère l’UNOWAS comme un instrument stratégique de stabilisation, capable d’articuler action diplomatique, médiation et soutien technique. Les deux parties ont insisté sur l’importance d’une complémentarité institutionnelle renforcée afin d’éviter les chevauchements et d’améliorer l’efficacité des réponses aux crises.
Vers une diplomatie préventive renforcée
Au-delà de la question du renouvellement, la rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des outils de gouvernance régionale. Les représentants ouest-africains ont plaidé pour une coopération plus structurée avec l’ONU afin d’accompagner les États dans le renforcement de leur résilience face aux chocs politiques et sécuritaires.
dpa
