Madagascar est plongée dans une situation humanitaire critique après le passage du cyclone Gezani, qui a frappé la côte nord-est près de Toamasina le 10 février 2026. Alors que le gouvernement a décrété l’état de catastrophe nationale, le Programme alimentaire mondial (PAM) dénonce des contraintes financières graves limitant sa capacité à répondre aux besoins de la population, déjà fragilisée par des crises climatiques et alimentaires récurrentes.
Selon le PAM, la disponibilité des stocks alimentaires est insuffisante et aucun financement supplémentaire n’est assuré pour aller au-delà de la réponse d’urgence initiale. L’agence souligne qu’il lui faudrait 50 000 dollars en urgence pour prépositionner une vingtaine de tonnes de biscuits enrichis afin de se préparer à d’éventuels cyclones futurs.
« Des ressources urgentes sont indispensables pour soutenir les ménages vulnérables et les personnes déplacées, confrontées à des chocs multiples », indique le PAM, qui fait face à un déficit de 18,3 millions de dollars pour ses opérations sur les six prochains mois.
Deux tempêtes en dix jours
En l’espace de dix jours, Madagascar a subi deux tempêtes majeures : Fytia, qui a frappé le nord-ouest le 31 janvier, et Gezani, sur la côte nord-est. Les infrastructures, routes, réseaux électriques et habitations ont été gravement endommagées, y compris des bureaux et entrepôts du PAM.
Près de 80 000 personnes restent dans 75 centres d’hébergement, tandis que d’autres déplacés vivent chez des proches ou dans des sites informels. Le gouvernement évalue à plus de 260 000 personnes le nombre de personnes touchées par Gezani, et plus de 200 000 par Fytia. Le PAM estime que plus de 400 000 personnes nécessitent désormais une assistance alimentaire urgente.
Une insécurité alimentaire déjà critique
Avant ces catastrophes, Madagascar comptait 1,57 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire, dont 84 000 en urgence. Le PAM avertit que ce chiffre pourrait atteindre 1,8 million dans les mois à venir, aggravant une situation déjà fragile.
Pour anticiper les besoins, le PAM a distribué des transferts monétaires à 50 000 personnes à Toamasina et prévoit des distributions alimentaires à 11 000 personnes à Toamasina et 7 000 à Antananarivo, tandis qu’une intervention de relèvement rapide sur trois mois est planifiée dans le nord-ouest pour environ 18 000 bénéficiaires.
Le PAM insiste sur la nécessité d’une intervention en espèces pour restaurer le pouvoir d’achat, soutenir les marchés locaux et permettre une aide à grande échelle. Sans financement supplémentaire, plus d’un demi-million de personnes resteront sans assistance dans une période cruciale.
« La combinaison de catastrophes naturelles répétées et de ressources limitées menace de provoquer une crise humanitaire majeure », avertit l’agence.
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