En recevant vendredi les organisateurs de la rencontre dite « Tripartite », le ministre guinéen de la Culture et du Tourisme, Moussa Moïse Sylla, a été placé face à un projet atypique : une coopération transfrontalière née loin des capitales et portée par des collectivités locales de Kédougou, Kéniéba et Mali. Autour de la table figuraient également le chef de cabinet Hamidou Bah et plusieurs responsables du département ministériel.
La délégation est venue exposer l’état d’avancement des préparatifs de cette rencontre culturelle et sportive, dont la prochaine édition doit se tenir en Guinée. Mais derrière l’agenda organisationnel, les promoteurs ont défendu une vision plus large : celle d’un mécanisme de rapprochement populaire entre territoires frontaliers partageant des réalités sociales et économiques communes, souvent plus fortes que les frontières administratives héritées de la colonisation.
Créée dans les années 1980, la Tripartite s’est progressivement imposée comme un espace d’échanges informels mêlant compétitions sportives, spectacles artistiques et forums communautaires. Pour ses initiateurs, elle constitue un laboratoire discret d’intégration régionale, où la jeunesse joue un rôle central. Dans ces zones périphériques, marquées par des défis de développement et parfois par des tensions liées aux ressources, l’événement sert aussi de vecteur de dialogue et de prévention des conflits.
Les organisateurs ont ainsi sollicité l’appui institutionnel du ministère guinéen afin de consolider l’édition à venir, soulignant la dimension patrimoniale et sociale de l’initiative. Ils plaident pour une reconnaissance accrue de ce type de plateformes locales, estimant qu’elles contribuent concrètement à la cohésion sous-régionale, souvent évoquée dans les discours politiques mais plus difficile à matérialiser sur le terrain.
Le ministre Moussa Moïse Sylla a salué une démarche qu’il a décrite comme porteuse d’« unité et de stabilité », assurant que ses services examineraient les modalités d’accompagnement possibles. Son soutien, même prudent, traduit l’intérêt croissant des autorités pour des formes d’intégration ascendantes, construites à partir des communautés plutôt qu’imposées par les institutions centrales.
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