Des coups de feu entendus mardi matin à la Maison centrale de Conakry, la principale prison de Guinée, ont provoqué un mouvement de panique dans le centre-ville de la capitale, entraînant la fermeture totale du quartier administratif et politique de Kaloum, cœur névralgique du pouvoir guinéen.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les détonations ont été perçues dès les premières heures de la journée, forçant les forces de sécurité à bloquer tous les accès à la presqu’île à partir du pont du 8 Novembre, paralysant la circulation et les activités économiques. Aucun accès à Kaloum n’était possible pendant plusieurs heures, dans un contexte marqué par une forte tension sécuritaire.
Face aux inquiétudes croissantes, le parquet général près la Cour d’appel de Conakry a publié un communiqué officiel pour apporter des clarifications. Les autorités judiciaires indiquent que ces événements s’inscrivent dans le cadre d’une opération de contrôle et de fouille inopinée menée au sein de l’établissement pénitentiaire la veille, ayant permis la saisie d’objets prohibés, dont des téléphones portables, des substances psychotropes et des armes blanches.
Le communiqué fait également état d’un incident impliquant un détenu considéré comme particulièrement sensible, Aboubacar Diakité, dit « Toumba », dont le comportement jugé agressif et menaçant aurait contribué à une montée des tensions à l’intérieur de la prison. Les autorités affirment avoir procédé à son transfèrement vers la prison de Coyah, une mesure présentée comme nécessaire pour préserver la sécurité et l’ordre public.
Si le parquet ne précise pas les circonstances exactes des tirs entendus, l’épisode met une nouvelle fois en lumière les défis structurels du système carcéral guinéen, régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains pour la surpopulation, la circulation d’objets illicites et la faiblesse des dispositifs de sécurité.
Dans un pays dirigé depuis septembre 2021 par une junte militaire issue d’un coup d’État, ces événements surviennent dans un contexte politique et sécuritaire sous haute surveillance, où toute perturbation à Kaloum, siège des institutions, résonne immédiatement à l’échelle nationale et internationale.
Les autorités assurent que la situation est désormais sous contrôle et appellent au calme, alors que la population reste marquée par ces tirs, dont l’origine exacte n’a pas encore été officiellement détaillée.
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