Le Zimbabwe veut prendre place dans la nouvelle géographie mondiale des minerais critiques. Le gouvernement a annoncé la création de Zimbabwe Mining Week, un rendez-vous annuel présenté comme la plateforme nationale de référence pour réunir autorités publiques, compagnies minières, investisseurs, banques et fournisseurs de solutions.
La première édition se tiendra du 17 au 19 novembre 2026 à Harare, au Rainbow Towers Hotel & Conference Venue. L’événement est porté par le ministère des Mines et du Développement minier et organisé par VUKA Group, en partenariat avec Nzuri Communications, partenaire fondateur.
Derrière l’annonce, une intention politique : déplacer la discussion minière au-delà de l’extraction et des exportations, pour mettre au centre la question de la transformation locale, de l’industrialisation et de la création de valeur. Le programme prévoit d’aborder l’ensemble de la chaîne : traitement et raffinage, infrastructures, besoins énergétiques, intégration des critères ESG, financement et stabilité de long terme.
Le pays, l’un des plus riches d’Afrique sur le plan géologique, dispose de ressources importantes en or, PGMs, lithium, chrome, nickel, charbon et minerais industriels. Le secteur minier représenterait environ 13 % du PIB. Dans un contexte de demande mondiale croissante pour les métaux liés aux batteries et à la transition énergétique, Harare veut aligner son sous-sol avec des objectifs de développement national.
Le ministre des Mines, Polite Kambamura, a présenté le lancement comme « une étape critique » pour positionner le Zimbabwe comme une destination minière compétitive, en renforçant la transparence, la cohérence des politiques publiques et l’investissement durable. Le discours insiste sur l’idée d’une richesse minérale convertie en emplois et en croissance « inclusive ».
Pour Tichaona Mawoni, directeur général de Nzuri Communications, l’événement doit contribuer à sortir le pays d’un modèle hérité : celui d’un producteur de matières premières à faible valeur ajoutée. Il défend une stratégie axée sur le traitement domestique, l’industrialisation aval et la rétention des bénéfices à l’intérieur des frontières, tout en revendiquant un rôle plus central du Zimbabwe dans le dialogue mondial sur les minerais critiques.
Du côté de VUKA Group, son directeur général David Ashdown met en avant une logique de mise en relation : connecter le pays à des investisseurs et partenaires internationaux, afin de transformer le potentiel minier en projets « bancables » et en opportunités industrielles.
Au-delà de la communication, Zimbabwe Mining Week s’inscrit dans une compétition plus large entre pays africains pour capter les capitaux et les chaînes de valeur liées aux métaux stratégiques. Pour Harare, le défi est double : convaincre sur la richesse du sous-sol déjà reconnue mais surtout sur la capacité du pays à offrir un cadre stable, une énergie suffisante et une trajectoire crédible de transformation locale.
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