Le passage du rallye Budapest–Bamako en Guinée a offert aux participants une parenthèse inattendue au cœur de l’Afrique de l’Ouest, entre paysages naturels spectaculaires et immersion culturelle. À Kindia, les touristes ont découvert deux sites emblématiques du patrimoine guinéen : le Voile de la Mariée, cascade nichée dans les contreforts du Fouta Djallon, et les eaux de Kilissi, lieu de vie et de sociabilité locale.
Cette escale, loin d’être anodine, s’inscrit dans une démarche plus large des autorités guinéennes visant à revaloriser l’image du pays et à promouvoir son potentiel touristique, longtemps éclipsé par des fragilités politiques et économiques. À travers cette ouverture aux grands événements internationaux, la Guinée cherche à se positionner comme une destination émergente, capable d’attirer voyageurs et investisseurs au-delà des circuits traditionnels.
Sur le site de Kilissi, l’accueil réservé aux visiteurs a été marqué par une forte implication des communautés locales. Les échanges, spontanés et facilités par la langue française, ont contribué à créer une atmosphère conviviale, soulignant le rôle central de l’hospitalité dans l’expérience touristique guinéenne. « L’accueil est remarquable, les échanges très simples », observe Hugues Bélanger, membre de l’équipe canadienne, qui dit avoir été frappé par le contraste entre les représentations souvent associées à la région et la réalité vécue sur le terrain.
Les autorités guinéennes ont profité de cette visibilité pour rappeler leurs ambitions. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a insisté sur la volonté de rompre avec l’image d’un pays de passage pour en faire une destination touristique structurée, misant sur la sécurité, la diversité culturelle et la valorisation de l’artisanat local.
La dimension symbolique de cette étape s’est traduite par la remise de présents inspirés du patrimoine national, tels que des statuettes Nimba ou des miniatures du Sosso Bala, instruments emblématiques de l’histoire mandingue. Un geste qui illustre l’effort de construction d’un récit touristique fondé sur l’identité et la mémoire collective.
Pour les organisateurs du rallye, cette expérience pourrait ouvrir la voie à une collaboration plus étroite. Mollay Zargan, responsable Afrique de Budapest–Bamako, a évoqué l’intérêt croissant pour la Guinée, tandis que certains participants n’excluent pas un retour à moyen terme, voire l’hypothèse d’une arrivée finale du rallye dans le pays.
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