À mesure que la Namibie se rapproche de sa première production pétrolière, prévue à l’horizon 2029, les autorités entendent structurer plus étroitement la gouvernance du secteur. L’Unité du Pétrole en Amont (Upstream Petroleum Unit, UPU), récemment créée et rattachée directement à la Présidence, a confirmé sa participation à la 8e édition de la Namibia International Energy Conference (NIEC), qui se tiendra du 14 au 16 avril à Windhoek.
Cette présence marque une étape supplémentaire dans la volonté du gouvernement de reprendre la main sur un secteur en pleine expansion, porté par des découvertes majeures au large des côtes namibiennes. Créée au sein de l’exécutif, l’UPU est chargée de définir les cadres réglementaires, de superviser les activités des opérateurs et de garantir un environnement favorable aux investissements.
Dirigée par Kornelia Shilunga, conseillère spéciale et cheffe de l’Unité, et par Carlo McLeod, son adjoint, la structure se veut un outil central de pilotage de la politique pétrolière. Sa participation à la conférence internationale de l’énergie doit permettre un dialogue direct avec les compagnies, les bailleurs et les régulateurs, dans un contexte où les attentes économiques sont particulièrement élevées.
Depuis plusieurs années, la Namibie s’impose comme l’un des nouveaux pôles pétroliers émergents du continent africain. Le groupe français TotalEnergies prépare une décision finale d’investissement pour son projet Venus en 2026, tandis que les découvertes de Rhino Resources et Galp Energia renforcent l’attractivité du bassin offshore.
Dans le même temps, plusieurs entreprises ont consolidé leurs positions, à l’image d’Oregen Energy, Eco Atlantic ou encore Stamper Oil & Gas Corp. Cette montée en puissance du secteur suscite de fortes attentes en matière de croissance, d’emplois et de recettes publiques.
Mais elle alimente aussi les interrogations sur la capacité du pays à encadrer durablement cette expansion.
La NIEC, devenue en huit éditions la principale plateforme énergétique nationale, réunit chaque année responsables politiques, investisseurs, institutions financières et acteurs de la société civile. L’édition 2026 devrait accueillir plus de 2 500 participants venus de plus de 45 pays.
Pour l’UPU, l’enjeu est double : présenter les priorités du gouvernement en matière de développement du secteur en amont, tout en inscrivant ces ambitions dans un cadre plus large de transition énergétique. La Namibie investit en parallèle dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, le nucléaire et le renforcement du réseau électrique, afin de limiter sa dépendance aux hydrocarbures.
Cette approche intégrée vise à concilier exploitation des ressources et diversification énergétique, dans un contexte mondial marqué par la lutte contre le changement climatique.
Au-delà des investissements, la question de la gouvernance occupe une place centrale. La conférence met l’accent sur la création de valeur locale, la formation des compétences et l’insertion des jeunes, notamment à travers le programme « Future Energy Leaders ».
« La Namibie se trouve à un moment charnière de son histoire énergétique », estime Selma Shimutwikeni, directrice générale du cabinet RichAfrica Consultancy. « L’implication active de l’UPU traduit une volonté de bâtir un secteur transparent, attractif et responsable. »
En s’affichant à la NIEC 2026, l’Unité du Pétrole en Amont entend consolider son rôle d’architecte de la politique pétrolière nationale. À l’approche de la première production, prévue d’ici trois ans, les autorités cherchent à rassurer les investisseurs tout en répondant aux attentes de la population.
Reste à savoir si la Namibie parviendra à transformer ce potentiel énergétique en levier de développement durable, sans reproduire les déséquilibres observés dans d’autres pays producteurs. La conférence de Windhoek pourrait, à cet égard, constituer un test grandeur nature de cette ambition.
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