Moussa Moïse Sylla a officiellement été installé à la tête du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, devenant le premier responsable de ce département sous la cinquième République. Une reconduction accueillie favorablement par une large partie des acteurs culturels, qui voient en lui un artisan de la restructuration progressive d’un secteur longtemps marginalisé dans les politiques publiques.
La cérémonie d’installation, présidée par le ministre secrétaire général du gouvernement et supervisée par le Vérificateur général de Guinée, s’est déroulée dans une atmosphère solennelle, marquée par une forte mobilisation d’artistes, de créateurs et de professionnels du tourisme. Leur présence traduisait autant un soutien personnel qu’une attente renouvelée vis-à-vis des orientations à venir.
Dans son discours, Moussa Moïse Sylla a tenu à replacer sa prise de fonctions dans une perspective institutionnelle et historique. « Ce n’est pas un simple acte administratif, mais un moment où se rencontrent la mémoire de l’action accomplie et l’espérance de l’avenir », a-t-il déclaré, soulignant la dimension républicaine de l’événement.
Le ministre a exprimé sa gratitude au président Mamadi Doumbouya pour la confiance renouvelée, estimant que cette reconduction constitue « une exigence accrue » en matière de résultats et de gouvernance. Il a également salué le rôle du Premier ministre et rendu hommage à son prédécesseur au département du Tourisme, Mahamadou Abdoulaye Diallo, pour les bases posées dans la structuration du secteur.
Depuis mars 2024, Moussa Moïse Sylla revendique plusieurs avancées, inscrites dans la vision stratégique Simandou 2040. Parmi elles figurent l’adoption de textes juridiques visant à professionnaliser les métiers de la culture, la relance des projets de centres culturels régionaux, ainsi que le renforcement de la présence de la Guinée sur la scène internationale. L’inscription de nouveaux biens au patrimoine mondial de l’UNESCO et la désignation de Conakry comme ville créative en littérature en constituent les symboles les plus visibles.
À ces réalisations s’ajoutent la digitalisation des procédures liées au droit d’auteur et l’amélioration progressive de la protection sociale des artistes, dans un contexte où la précarité reste largement répandue.
La réunification des portefeuilles de la culture, du tourisme et de l’artisanat répond, selon le ministre, à une logique de cohérence économique et sociale. Elle vise à faire de ces secteurs des leviers de croissance, d’attractivité et de cohésion nationale, dans un pays confronté à de multiples défis structurels.
Pour ce nouveau mandat, Moussa Moïse Sylla entend prioriser la modernisation du cadre légal, la promotion d’un tourisme durable et la valorisation d’un artisanat compétitif. Il a également insisté sur les valeurs censées guider son action : « loyauté, compétence et diligence ».
En s’adressant aux professionnels du secteur, il a lancé un appel à l’unité, estimant que « les défis sont immenses », mais que la mobilisation collective reste indispensable à leur dépassement.
Au-delà de l’enthousiasme affiché lors de cette cérémonie, cette reconduction place désormais le ministre face à une exigence de résultats, dans un environnement où les attentes des acteurs culturels et touristiques demeurent fortes, tant sur le plan institutionnel que socio-économique.
Imedias.net
