La guerre au Soudan provoque des niveaux « sans précédent » de faim, de malnutrition infantile et de déplacements, ont alerté des agences de l’ONU, alors que les combats dans le Darfour poussent des milliers de civils à fuir le pays. Une enquête menée par l’UNICEF au Darfour du Nord révèle que plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, situation liée à l’aggravation du conflit soudanais entre l’armée soudanaise et les forces paramilitaires du Rapid Support Forces (RSF).
L’enquête révèle un taux de malnutrition global de 53 pour cent, ce qui représente plus de trois fois le seuil d’urgence fixé par l’OMS. Parmi ces enfants, 18 pour cent souffrent de malnutrition sévère, les plaçant en danger de mort imminent, d’après l’UNICEF. Cette crise sanitaire est aggravée par l’afflux de déplacés fuyant les combats autour d’El Fasher. La capitale régionale, tombée en octobre après un siège de plus de 500 jours, a vu ses services de base s’effondrer. Les populations déplacées sont privées de vaccination et exposées aux épidémies.
19 400 nouveaux réfugiés dans l’est du Tchad depuis fin octobre
L’acheminement de l’aide reste entravé par les belligérants. Une équipe de l’ONU, lors d’une évaluation fin décembre à El Fasher, a confirmé une pénurie critique de vivres et de médicaments après des mois de blocus des convois humanitaires. La dégradation sécuritaire accélère l’exode vers les pays voisins. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés a enregistré 19 400 nouveaux réfugiés dans l’est du Tchad depuis fin octobre. Cette vague migratoire est composée à 87 pour cent de femmes et d’enfants, dont plus de 2 700 mineurs non accompagnés.
Les agences de l’ONU ont appelé la communauté internationale à renforcer son assistance et à favoriser un cessez-le-feu immédiat, mettant en garde que l’inaction provoquerait des conséquences désastreuses pour des millions de civils déjà en détresse.
dpa
