La Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS) a exprimé, ce jeudi, sa vive inquiétude face à des informations faisant état d’appels lancés par un haut responsable militaire exhortant ses troupes à commettre des violences indiscriminées contre les civils dans l’État de Jonglei. Une situation jugée d’autant plus alarmante que plus de 180 000 personnes auraient récemment été déplacées par l’intensification des affrontements dans cette région.
Selon l’ONU, les communautés de Jonglei, comme celles d’autres parties du pays, subissent de lourdes conséquences humanitaires liées à l’escalade du conflit. Les violences incluent des confrontations militaires directes entre forces alignées sur les principaux signataires de l’accord de paix, aggravant une situation déjà marquée par l’instabilité et l’insécurité chronique.
« Les propos incendiaires appelant à la violence contre des civils, y compris les plus vulnérables, sont absolument révoltants et doivent cesser immédiatement », a déclaré Graham Maitland, chef par intérim de l’UNMISS. Il a fermement condamné toute rhétorique incitant à des attaques contre des populations sans défense, rappelant que de tels actes constituent de graves violations du droit international humanitaire.
Malgré les engagements répétés des dirigeants sud-soudanais en faveur de la paix, l’ONU constate que les hostilités et les violations du cessez-le-feu se poursuivent sans relâche. Cette contradiction entre les déclarations officielles et la réalité sur le terrain compromet sérieusement les efforts de stabilisation et la mise en œuvre effective de l’accord de paix.
Dans ce contexte, l’UNMISS exhorte les autorités du pays à faire primer l’intérêt de la population sur les considérations politiques et militaires. « Nous appelons les dirigeants à arrêter les combats et à respecter leurs engagements pris dans le cadre de l’accord de paix », a insisté Graham Maitland.
La mission onusienne souligne également la nécessité d’un retour à une gouvernance fondée sur le consensus, du respect strict des arrangements de partage du pouvoir et de l’ouverture d’un dialogue inclusif permettant de définir une voie pacifique pour mettre fin à la période de transition. Pour l’ONU, seule une approche politique sincère, accompagnée d’un arrêt immédiat des violences, peut éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire et sécuritaire.
Imedias.net
