Dans les districts de Masvingo et Mwenezi, au sud du Zimbabwe, la sécheresse liée au phénomène El Niño continue de fragiliser les moyens de subsistance des ménages ruraux. Pour faire face à cette crise, l’Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), en collaboration avec le Government of Zimbabwe et avec le soutien financier du French Government, a mis en œuvre un système de bons agricoles dans le cadre du projet Nourish and Thrive: Inclusive and Sustainable Nutrition and Livelihoods Initiative.
L’objectif est double : répondre à l’urgence alimentaire tout en posant les bases de systèmes agricoles plus résilients, capables d’absorber les chocs climatiques récurrents qui affectent le pays.
Un accès subventionné aux intrants agricoles
Au cœur du dispositif figure un mécanisme de bons d’achat permettant aux ménages ruraux d’accéder, à coût réduit, à des intrants agricoles de qualité, notamment des semences tolérantes à la sécheresse. Cette approche vise à renforcer la capacité de production des agriculteurs tout en limitant leur exposition aux aléas climatiques.
Selon la FAO, le programme cible 4 000 ménages dans plusieurs circonscriptions des districts concernés. La distribution des bons, organisée avec l’appui des autorités locales et des fournisseurs d’intrants, constitue une réponse pragmatique à la contraction de la production agricole observée depuis le début de la crise climatique.
De l’aide humanitaire à la résilience à long terme
Au-delà de la réponse immédiate à l’insécurité alimentaire, le projet s’inscrit dans une logique de transition vers des moyens de subsistance durables. En facilitant l’accès à des cultures nutritives et adaptées aux conditions climatiques locales, les partenaires du programme entendent réduire la dépendance à l’aide d’urgence et favoriser l’autonomie des communautés rurales.
Cette orientation reflète une évolution des stratégies humanitaires, de plus en plus axées sur la convergence entre aide humanitaire et développement, dans un contexte où les crises climatiques tendent à s’installer dans la durée.
Numérisation et transparence du dispositif
La mise en œuvre du système de bons s’appuie sur la plateforme numérique IDEA (Identification, Delivery and Empowerment Application), développée par la FAO. Cet outil permet de gérer l’identification des bénéficiaires, la distribution de l’aide et le suivi des transactions, tout en garantissant la protection des données et la transparence des opérations.
Les fournisseurs agréés ont été formés à l’utilisation de cette plateforme, notamment en matière de gestion des bons, de service aux bénéficiaires et de résolution des incidents techniques. L’implication des autorités locales et le suivi sur le terrain viennent renforcer les mécanismes de redevabilité.
La prévention des abus au cœur du programme
Le projet accorde également une place centrale à la Prévention de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSEA), un enjeu transversal des interventions humanitaires. Des sessions de sensibilisation ont été organisées à destination des partenaires, des fournisseurs et des bénéficiaires, afin de promouvoir une culture de responsabilité et de signalement.
« Toute forme d’exploitation ou d’abus compromet non seulement les droits des personnes concernées, mais aussi la crédibilité et l’impact des programmes », rappelle Leticia Njowola, point focal PSEA de la FAO, soulignant la politique de tolérance zéro appliquée par l’organisation à l’ensemble de ses partenaires et prestataires.
Un enjeu régional plus large
Alors que le Zimbabwe, comme plusieurs pays d’Afrique australe, fait face à une intensification des chocs climatiques, le projet Nourish and Thrive illustre les efforts en cours pour adapter les réponses institutionnelles à un environnement de plus en plus contraint.
En combinant appui agricole, outils numériques et mesures de protection des populations, la FAO et ses partenaires cherchent à dépasser la seule gestion de crise pour inscrire leurs interventions dans une perspective de sécurité alimentaire durable, condition essentielle à la stabilité sociale et économique des zones rurales.
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