Contrairement aux précédents cycles électoraux, souvent marqués par des violences et des tensions durables, la campagne qui s’est achevée jeudi 25 décembre s’est déroulée dans un climat globalement pacifique, une situation inédite dans l’histoire politique récente du pays.
Durant plusieurs semaines de mobilisation à travers le pays, les acteurs politiques ont mené leurs activités dans un climat globalement pacifique, marqué par l’absence de violences majeures, de confrontations ouvertes ou de troubles généralisés à l’ordre public.
Meetings, campagnes de proximité, porte-à-porte et rassemblements populaires se sont déroulés dans un esprit de relative sérénité, contrastant avec les précédents cycles électoraux souvent émaillés de tensions, de heurts et parfois de pertes en vies humaines. Cette atmosphère apaisée constitue, pour de nombreux observateurs, une rupture notable avec les pratiques politiques du passé.
Sur l’ensemble du territoire, des grandes agglomérations aux localités les plus reculées, les forces de sécurité ont privilégié une approche préventive et dissuasive, tandis que les acteurs politiques ont multiplié les appels au calme et à la responsabilité. Les leaders d’opinion, les autorités religieuses et les organisations de la société civile ont également joué un rôle déterminant dans la promotion d’un discours de paix et de retenue.
Cette campagne pacifique a été d’autant plus remarquable qu’elle s’est déroulée dans un contexte d’enjeux élevés. La présidentielle en cours doit en effet marquer la fin de la transition politique entamée en septembre 2021 et ouvrir une nouvelle séquence institutionnelle pour le pays. Dans un tel climat, la tentation de la surenchère ou de la confrontation aurait pu être forte.
Pas d’incidents majeurs ou isolés signalés, une situation qui tranche avec les précédents rendez-vous électoraux, où la crispation politique se traduisait souvent par des affrontements entre militants, forces de l’ordre et populations civiles.
Pour de nombreux citoyens, cette accalmie traduit une maturation progressive de la culture politique nationale. Elle témoigne également d’une prise de conscience collective sur le coût humain, social et économique des violences politiques, longtemps considérées comme une fatalité du jeu électoral guinéen.
À l’heure où le pays se prépare à entrer dans la phase décisive du vote, cette campagne apaisée apparaît comme un acquis précieux qu’il conviendra de préserver au-delà du scrutin. Car si la paix électorale ne garantit pas à elle seule la crédibilité d’un processus démocratique, elle en constitue le socle indispensable.
Reste désormais à transformer cet esprit de responsabilité en un scrutin serein et accepté par tous. Pour la Guinée, l’enjeu est clair : faire de cette campagne pacifique non pas une exception, mais un précédent durable dans son histoire politique.
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