À quelques jours du scrutin présidentiel du 28 décembre, les derniers réglages de terrain s’accélèrent et les rassemblements prennent une ampleur significative, traduisant l’importance stratégique de cette séquence électorale.
Dans cette partie sud du pays, longtemps perçue comme périphérique mais devenue centrale dans les équilibres politiques, la dynamique observée repose sur une organisation structurée des meetings et des actions de proximité. Une équipe dédiée coordonne la mobilisation à l’intérieur du pays, misant sur la présence continue, l’animation politique et le contact direct avec les populations, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et institutionnelles.
Parmi les figures visibles de cette phase finale de la campagne, Sia Kaino Tolno s’est imposée comme l’un des visages les plus actifs du dispositif. Connue du grand public, elle a sillonné, en l’espace de quelques semaines, l’ensemble de la Guinée forestière, de Kissidougou à Guéckédou, de Macenta à Beyla, de Yomou à Lola. Les rassemblements organisés dans ces localités ont attiré des foules importantes, témoignant à la fois d’une mobilisation politique soutenue et d’un besoin d’expression citoyenne dans une région historiquement marquée par un sentiment de mise à l’écart.
Riche par son potentiel économique, ses ressources naturelles et son capital humain, la Guinée forestière apparaît aujourd’hui comme un baromètre du climat politique national. L’adhésion affichée à la vision portée par le Général Mamadi Doumbouya s’inscrit dans une recherche de stabilité et de continuité institutionnelle, dans un pays engagé dans la phase finale de sa transition politique.
À l’approche du scrutin, cadres politiques, leaders communautaires, jeunes et acteurs sociaux de la région multiplient les prises de position publiques en faveur du projet défendu par le camp présidentiel. Reste toutefois à mesurer comment cette mobilisation se traduira dans les urnes, et surtout comment elle pèsera sur la période postélectorale.
Car au-delà de la compétition électorale, l’enjeu dépasse largement la seule désignation d’un président. Le scrutin du 28 décembre doit marquer la fin de la transition ouverte en septembre 2021 et sceller le retour à l’ordre constitutionnel. Dans un pays dont l’histoire politique est jalonnée de ruptures et de transitions inachevées, ce rendez-vous électoral constitue une épreuve de crédibilité démocratique.
La participation des électeurs, le respect du cadre légal et la gestion de l’après-scrutin seront observés avec attention, tant par l’opinion publique nationale que par les partenaires internationaux de la Guinée. En Guinée forestière comme ailleurs, la mobilisation actuelle pose ainsi une question centrale : celle de la capacité du pouvoir à transformer l’élan politique du moment en gouvernance durable et en réponses concrètes aux attentes exprimées sur le terrain.
Par Ibrahima Kalil Bamba
