Les dirigeants africains et leurs partenaires internationaux ont adopté une vision stratégie régionale 2025-2035 pour sécuriser l’accès aux produits de santé essentiels. Le plan vise la fin de la dépendance aux donateurs extérieurs au profit d’une autonomie continentale en matière de production et de distribution pharmaceutique.
L’initiative ambitionne de corriger les failles actuelles du système de santé africain, a indiqué l’OMS Afrique. Les établissements publics ne disposent aujourd’hui que de 35 pour cent des médicaments essentiels nécessaires. Les ménages assument jusqu’à 90 pour cent des dépenses de santé dans certains États, une situation qui expose des millions de personnes à la précarité financière.
La feuille de route, adoptée récemment lors d’un atelier à Johannesburg, repose sur quatorze piliers stratégiques incluant la fabrication locale et les achats groupés. Le projet entend exploiter les mécanismes de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour réduire les tarifs douaniers sur les produits médicaux fabriqués en Afrique. L’Agence africaine du médicament (AMA) assurera la coordination réglementaire pour garantir la qualité des traitements.
Une fois finalisée, l’initiative servira de feuille de route commune pour renforcer les systèmes de marché, élargir l’accès à des produits de santé de qualité à prix abordables et consolider la sécurité sanitaire de l’Afrique pour la décennie à venir. Elle favorisera la fabrication locale, les achats groupés et des chaînes d’approvisionnement pérennes, coordonnées et résistantes aux chocs. Selon l’OMS, elle éloigne l’Afrique des modèles pilotés par les donateurs au profit de solutions africaines.
Les ruptures d’approvisionnement touchent actuellement 56 pour cent des pays africains. Les investissements étrangers restent concentrés sur des programmes spécifiques comme le VIH ou le paludisme, laissant moins de 1 pour cent de l’aide pour les maladies non transmissibles. Le Malawi voit par exemple 65 pour cent de ses dépenses de santé financées par l’aide extérieure.
dpa
