Le méga-projet minier de Simandou, présenté comme l’un des piliers de la transformation économique de la Guinée, entre dans une phase charnière. Après l’achèvement de plusieurs infrastructures majeures, des milliers de travailleurs engagés sur les chantiers ont été progressivement démobilisés, illustrant le basculement du projet de la construction vers l’exploitation.
Au plus fort des travaux, près de 60 000 emplois avaient été mobilisés sur l’ensemble des sites. Pour la phase d’exploitation, les effectifs devraient être ramenés à environ 15 000 salariés, selon les projections disponibles. Une réduction massive qui, bien que structurelle dans l’industrie minière, suscite de fortes préoccupations sociales dans les zones concernées.
Réajustements opérationnels chez les opérateurs
Chez le géant minier Rio Tinto, environ 5 000 travailleurs auraient déjà quitté les chantiers dans le cadre d’une démobilisation graduelle. D’après RFI, cette évolution serait liée à une réévaluation des risques techniques et logistiques, ayant conduit à une modification du plan initial de livraison de certaines infrastructures.
Parmi les sites concernés figure le port minéralier de Morebayah, infrastructure stratégique pour l’exportation du minerai de fer. Sur ce site, aucune démobilisation n’est annoncée avant décembre 2026 pour les équipes de Rio Tinto, signe que les travaux y demeurent prioritaires.
Silence officiel du Winning Consortium Simandou
Du côté du Winning Consortium Simandou (WCS), principal partenaire du projet, aucune communication officielle n’a été faite sur l’ampleur des réductions d’effectifs. Toutefois, selon plusieurs sources, des milliers de travailleurs auraient perdu leur emploi depuis le mois de juin, alimentant l’inquiétude des communautés riveraines et des organisations syndicales.
L’absence de chiffres précis rend difficile l’évaluation exacte de l’impact social de cette phase de transition, alors même que le projet Simandou concentre de fortes attentes en matière d’emplois et de retombées économiques.
Une phase technique assumée par l’État
Face aux interrogations, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a tenu à rappeler le caractère technique de cette étape. Selon lui, une période d’environ six mois de mise en service est nécessaire après la construction des infrastructures, afin de s’assurer de leur fiabilité avant le démarrage effectif de l’exploitation.
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