À la tête d’un briefing de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies consacré à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest, le président sierra-léonais Julius Maada Bio a lancé un appel fort en faveur de la création d’un Pacte CEDEAO–ONU–UA pour la paix et la résilience au Sahel. L’initiative vise à instaurer une réponse collective, mieux financée et orientée vers des résultats face à l’insécurité grandissante dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Présidant la séance en sa qualité de dirigeant de la Sierra Leone et président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio a souligné l’urgence d’une mobilisation internationale face à ce qu’il a qualifié “d’épicentre du terrorisme mondial”. Il a averti que l’instabilité croissante de la région, alimentée par les groupes extrémistes affiliés à l’État islamique (ISIL) et à Al-Qaïda, représente une menace directe pour la paix et la sécurité internationales.
« Maintenir la paix et la sécurité internationales est une responsabilité collective », a déclaré le Président Bio, regrettant le silence qui a accompagné la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel. Malgré le courage des États touchés, « la menace du terrorisme et de l’extrémisme violent continue de dépasser notre réponse collective », a-t-il ajouté, appelant à un renforcement du multilatéralisme.
Un pacte global pour une réponse coordonnée
Le pacte proposé ambitionne de réunir la sécurité, les réformes de gouvernance et l’action humanitaire dans un cadre unique, en s’appuyant sur les mandats des résolutions des Nations Unies et sur les capacités opérationnelles de la CEDEAO et de l’Union africaine. Pour Bio, un financement prévisible notamment via la résolution 2719 (2023) du Conseil de sécurité demeure essentiel pour soutenir les opérations africaines de maintien de la paix et activer la Force en attente de la région.
S’adressant directement aux représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger présents à la réunion, le président sierra-léonais a insisté sur la nécessité d’une réintégration constructive, soulignant que la sécurité ouest-africaine “ne peut se bâtir dans l’exclusion”. Il a invité le Conseil à contribuer au rétablissement de la confiance, y compris entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel, à travers des plateformes conjointes et des mécanismes de coordination en temps réel soutenus par les agences onusiennes.
Bio a également attiré l’attention sur les retombées humanitaires dramatiques du conflit : déplacements massifs, effondrement des moyens de subsistance, frustrations grandissantes des populations. Il a plaidé pour un accroissement de l’aide humanitaire, étroitement lié à des programmes de relance économique durable. Selon lui, la paix en Afrique “n’est pas une faveur, mais un pilier de la stabilité mondiale”.
En conclusion, le président Julius Maada Bio a lancé un vibrant appel au Conseil de sécurité et à la communauté internationale :
« Les populations d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ne demandent pas de pitié ; elles demandent un partenariat. »
Il a exhorté les dirigeants mondiaux à agir avec détermination et cohésion, avertissant qu’en l’absence d’une intervention rapide, le Sahel pourrait devenir “un sanctuaire permanent pour les réseaux extrémistes, à quelques heures seulement des grandes métropoles mondiales”.
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