L’Union africaine (UA) a mis à la disposition des journalistes africains un guide pratique pour lutter contre la désinformation électorale, un phénomène croissant intensifiée par l’Intelligence artificielle (IA). Baptisé « Boîte à outils des technologies civiques et de la vérification électorale », ce guide a été élaboré par deux journalistes boursiers du Programme de bourses des médias de l’Union africaine (AUMF).
Cette initiative a été soutenue par le programme « Politiques numériques et de données inclusives et harmonisées en Afrique » ou « DataCipation », cofinancé par l’Allemagne et l’Union européenne (UE) et implémenté par l’agence allemande de coopération internationale (GIZ) en collaboration avec l’UA. « Répondant à la menace croissante de la désinformation » sur le continent, la boite à outil a été conçue pour aider les professionnels des médias africains à vérifier les informations et à diffuser des informations exactes avant, pendant et après les élections, a indiqué l’UA. Il s’agit de préserver l’intégrité de l’information et à renforcer les processus démocratiques, a-t-on souligné.
Le guide fournit aux journalistes des outils pour vérifier les informations, utiliser la technologie civique (Civic Tech) et promouvoir la transparence et la reddition de comptes, tout en favorisant un réseau transfrontalier engagé en faveur d’un journalisme précis, a-t-on ajouté. La « Civic Tech » est l’ensemble des technologies numériques utilisées pour impliquer les citoyens dans les affaires publiques et améliorer leur relation avec le gouvernement.
Exploiter la technologie au service d’une gouvernance ouverte
« À la GIZ, nous soutenons ce projet de technologies civiques pour donner aux professionnels des médias les connaissances et compétences nécessaires afin d’exploiter la technologie au service d’une gouvernance ouverte, d’une participation citoyenne éclairée et d’institutions démocratiques renforcées sur tout le continent », a déclaré Florian Zabel, chef d’équipe du programme DataCipation.
Diffusion ciblée des fausses allégations dans le but d’influencer l’opinion publique et les décisions politiques, la désinformation est intensifiée par l’IA. Les plateformes numériques conduisent à une diffusion plus rapide, plus globale et moins coûteuse de la désinformation.
En Afrique, les acteurs et les réseaux intervenant aux niveaux local et mondial ont souvent recours à des campagnes de désinformation pour accentuer la polarisation de la société, perturber la cohabitation démocratique et briser de manière ciblée la confiance dans les institutions, selon la GIZ.
Outre les objectifs géopolitiques et de politique intérieure, les incitations économiques jouent un rôle croissant dans la promotion de la désinformation. La régulation insuffisante de l’espace numérique, le manque de compétences des responsables au sein des pouvoirs publics et de la population ainsi que l’absence d’un journalisme de qualité contribuent à aggraver ce phénomène.
dpa
