Dans le camp de Naivasha, où vivent des centaines de familles déplacées, l’espoir s’écrit au féminin. Réunies autour d’un dialogue initié par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et le Service de police nationale, les femmes du camp ont reçu un message fort : prendre soin de soi est une condition pour prendre soin des autres et bâtir une paix durable.
« Les femmes ici sont organisées et résilientes. Mais la paix véritable commence par l’autosoin : émotionnel, physique, social et spirituel », a rappelé l’Officier de police des Nations Unies, Easther Adeke.
Près de 80 participants, dont 70 femmes, ont échangé sur les défis quotidiens : pauvreté, insécurité, violences et responsabilités domestiques écrasantes. Beaucoup de femmes sont cheffes de famille et portent, seules, la survie de leurs proches.
« Nous avons besoin de soutien pour créer des moyens de subsistance et atteindre l’indépendance économique », a plaidé Christina Eliano Kamilo, vice-présidente du camp.
Les participantes ont insisté : un meilleur revenu pour les femmes, c’est la garantie que leurs filles restent à l’école et échappent aux mariages précoces et forcés.
« La garde des enfants doit être une responsabilité partagée. Nous devons pouvoir exercer nos droits et assurer notre autonomie », a déclaré Elizabeth Akech, membre de la communauté.
L’événement a aussi servi de pont entre la communauté et la police locale. Ensemble, ils ont discuté des moyens de prévenir la criminalité et de lutter contre les violences. « Cette collaboration encouragera les femmes à signaler les abus et à se sentir protégées », a assuré Patrick Andrea, président du camp.
Au terme de la rencontre, un message a résonné :
« On ne peut pas verser d’une coupe vide. Remplissez votre coupe chaque jour d’amour, de repos et d’espérance, pour mieux servir vos familles et vos communautés. »
À Naivasha, malgré les épreuves, les femmes déplacées continuent de tracer le chemin de la résilience, de l’autonomisation et de la paix.
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