La Guinée renforce sa position dans la course mondiale aux minéraux critiques. Ce lundi, la Chambre des Mines de Guinée et Critical Minerals Africa Group (CMAG) ont signé un protocole d’accord stratégique destiné à structurer un partenariat ambitieux autour du potentiel minier du pays.
Dans un contexte où la planète cherche à sécuriser ses approvisionnements en lithium, cobalt et terres rares pour alimenter la transition énergétique et la production technologique, la Guinée avance ses pions et entend jouer un rôle de premier plan.
Une signature à haute portée stratégique
Ce nouvel accord ne se limite pas à une simple coopération technique. Il jette les bases d’une reconfiguration de la place de la Guinée dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’objectif est clair : transformer le sous-sol guinéen en levier de développement industriel, à travers l’attraction d’investissements directs étrangers, la modernisation des pratiques minières et l’accélération des projets d’infrastructure.
« Nos ressources sont stratégiques, et notre responsabilité est d’en faire un levier de transformation pour le pays et pour l’Afrique », a affirmé Ismaël Diakité, président de la Chambre des Mines de Guinée.
« Ce partenariat ouvre la voie à une industrialisation plus inclusive, durable et centrée sur l’intérêt national. »
L’Afrique, futur hub des matériaux stratégiques
Pour Critical Minerals Africa Group, cette signature s’inscrit dans une vision panafricaine de la valorisation des ressources naturelles. Selon sa PDG, Veronica Bolton Smith, la Guinée dispose de tous les atouts pour devenir un pivot de l’industrialisation africaine, dans un monde en quête de nouvelles sources fiables pour ses métaux stratégiques.
« La Guinée est au bon endroit, avec les bonnes ressources, au bon moment. Ce partenariat permettra de créer de l’emploi, d’attirer des capitaux et d’installer une chaîne de valeur minière intégrée en Afrique », a-t-elle déclaré.
Simandou et au-delà : une dynamique à consolider
Au cœur de cette ambition, le projet emblématique de Simandou, réputé pour ses gisements de fer à très haute teneur, reste l’un des piliers du développement minier guinéen. Mais l’alliance annoncée ce lundi élargit la focale : elle porte aussi sur des ressources critiques moins exploitées, mais dont la valeur ne cesse de croître à l’échelle mondiale, notamment le lithium et les terres rares.
Une vision portée par l’État
La signature du protocole intervient dans un climat favorable, où le gouvernement guinéen multiplie les signaux d’ouverture : réformes du code minier, soutien aux partenariats stratégiques, développement d’infrastructures ferroviaires et portuaires, et stabilité réglementaire.
Cette politique proactive vise à positionner la Guinée comme un acteur crédible et incontournable dans la nouvelle géopolitique des ressources. L’accord avec CMAG apparaît comme un jalon structurant sur ce chemin.
