Tandis que les puissances économiques mondiales se réunissent à Séville pour repenser les fondations du financement du développement, l’Afrique du Sud entre dans l’arène avec un message clair : il est temps de rééquilibrer le système financier international au service des peuples, et non des puissances.
Ronald Lamola, nouveau ministre des Relations internationales et de la Coopération, représente Pretoria à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, à l’invitation du président espagnol Pedro Sánchez et du secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Il y conduit une délégation composée de figures clés du gouvernement, parmi lesquelles Maropene Ramokgopa, ministre en charge de la planification, et David Masondo, vice-ministre des Finances.
Une urgence pour les pays en développement
Alors que les économies africaines font face à une conjoncture marquée par des dettes croissantes, des taux d’intérêt étouffants, et un accès limité aux ressources financières mondiales, Pretoria veut ramener la soutenabilité de la dette et l’équité au cœur du débat mondial.
« Nous ne pouvons pas atteindre les Objectifs de développement durable si les économies du Sud croulent sous un fardeau financier hérité, mal réparti et injuste », déclare une source diplomatique sud-africaine à Séville.
Dans ce contexte, la participation sud-africaine s’inscrit dans la continuité de sa présidence du G20, qui a placé les principes de solidarité, durabilité et inclusion au centre de son agenda.
Construire des solutions, ensemble
En marge de la conférence, l’Afrique du Sud organise un événement parallèle stratégique :
« Forger un agenda commun pour la soutenabilité de la dette dans les économies en développement ».
L’objectif ? Réunir bailleurs, pays endettés, institutions multilatérales et initiatives citoyennes autour d’une même table pour explorer des pistes concrètes de coopération, loin des anciennes logiques unilatérales.
« Ce que nous proposons, ce n’est pas de la charité. C’est une refondation de règles du jeu plus justes pour tous », martèle un conseiller du Trésor sud-africain présent à la conférence.
Une diplomatie économique assumée
En choisissant Ronald Lamola pour conduire la délégation, le président Ramaphosa envoie un signal fort : malgré les remous politiques internes, la voix sud-africaine reste active et stratégique sur la scène mondiale.
La délégation entend peser sur les discussions autour de la réforme des institutions de Bretton Woods, de la fiscalité internationale, mais aussi des mécanismes de financement climatique.
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