Le Nigeria récolte les premiers fruits de ses récentes réformes économiques, selon le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de conclure une mission de deux semaines dans le pays. Mais l’institution de Bretton Woods alerte sur une situation macroéconomique encore fragile, marquée par une inflation élevée, une insécurité alimentaire persistante et les incertitudes du marché pétrolier.
Conduite par Axel Schimmelpfennig, chef de mission pour le Nigeria, l’équipe du FMI a mené du 2 au 15 avril à Lagos et Abuja les consultations prévues par l’article IV, un exercice annuel d’évaluation économique. À l’issue de cette mission, le FMI a reconnu les efforts entrepris par les autorités nigérianes pour stabiliser l’économie et renforcer la résilience face aux chocs externes.
Des réformes majeures enclenchées depuis 2023
Parmi les principales avancées saluées : la fin du financement du déficit budgétaire par la Banque centrale, la suppression des subventions coûteuses sur les carburants et l’assouplissement du marché des devises. Ces mesures, selon le FMI, ont permis de placer le pays dans une meilleure position pour faire face à la baisse des prix du pétrole et au climat d’incertitude économique mondiale.
Mais malgré ces signaux positifs, la mission souligne que « les gains de ces réformes ne profitent pas encore à tous les Nigérians », rappelant que la pauvreté reste élevée et que l’insécurité alimentaire touche une part croissante de la population.
Une inflation toujours préoccupante
Face à une inflation persistante, le FMI recommande le maintien d’une politique monétaire stricte. L’approche actuelle, guidée par les données et adoptée par la Banque centrale du Nigeria (CBN), a été jugée efficace. L’institution encourage néanmoins l’annonce d’un « objectif intermédiaire de désinflation » afin d’ancrer davantage les anticipations du marché.
Un budget 2025 adapté aux défis du moment
Concernant les finances publiques, les autorités nigérianes ont fait savoir qu’elles comptaient exécuter le budget 2025 en tenant compte de la baisse des recettes pétrolières. Le FMI plaide pour une gestion budgétaire « neutre » qui permettrait de soutenir les efforts de lutte contre l’inflation, tout en protégeant les investissements stratégiques et les programmes sociaux. L’accent est notamment mis sur l’importance de canaliser les économies réalisées grâce à la fin des subventions vers les populations vulnérables via des transferts monétaires ciblés, en collaboration avec la Banque mondiale.
Des signaux positifs mais une vigilance de mise
Alors que le pays cherche à mobiliser davantage le secteur privé pour relancer une croissance inclusive, le FMI rappelle que « des politiques macroéconomiques cohérentes et stables » restent essentielles. La coopération entre les ministères sectoriels, la Banque centrale, les partenaires sociaux et les bailleurs de fonds apparaît désormais comme un levier crucial.
En dépit des incertitudes mondiales, le Nigeria, première économie d’Afrique de l’Ouest, pourrait retrouver un sentier de croissance plus solide à condition de maintenir le cap des réformes et de renforcer les filets sociaux pour en élargir les bénéfices.
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