Après un brillant parcours académique en marketing et finances en France et aux États-Unis, suivie d’une riche expérience professionnelle au Sénégal et en Côte d’Ivoire, Ken Kakena choisit de poser ses valises dans son pays d’origine, la République Démocratique du Congo (RDC) pour fonder sa fintech « Mekka ».
Lancée en 2024, la fintech ambitionne de devenir « la première néobanque » dédiée aux entreprises et professionnels en Afrique francophone. Son objectif est de révolutionner l’usage des services financiers pour les entreprises en proposant des solutions « modernes », « performantes », « instantanées » et accessibles à tous les profils d’entreprises, en passant par les multinationales, jusqu’aux commerçants informels.
« Nous fournissons une suite d’outils qui accélèrent les échanges quotidiens de commandes, de factures, de paiements et d’informations effectués chaque jour par les entreprises, tout en intégrant des produits financiers et des services à chaque étape comme les paiements électroniques, les virements, les nano-crédits, les assurances et la comptabilité accélérée », indique Ken dans un entretien accordé à la dpa.
Ce Franco-congolais de 35 ans déclare avoir décidé de créer cette fintech après avoir constaté que la plupart des transactions échangées entre les entreprises congolaises étaient toujours effectuées en cash, et ce, malgré certains risques comme l’exposition aux fraudes, les coûts opérationnels et l’impact négatif sur l’accès au crédit déjà difficile à obtenir.
« Les transactions effectuées en cash sont estimées à plus de 100 milliards de dollars rien qu’en RDC, où 99 pour cent des opérateurs économiques sont informels. Dans ce contexte, commun à la grande majorité des pays d’Afrique francophone, les grandes entreprises perdent de l’argent et la trace de leurs transactions, pendant que les plus petits opérateurs ne peuvent pas intéresser les banques de la place », souligne Ken.
D’après lui, les services proposés par sa fintech, implantée également en Côte d’Ivoire, sont de plus en plus sollicités par les entreprises. « L’engouement pour notre solution est déjà palpable. Plus d’une centaine d’entreprises sont placées sur liste d’attente pour utiliser nos services », se félicite-t-il.
D’ici 2028, l’entrepreneur envisage d’atteindre 1 million d’utilisateurs en Afrique francophone, un objectif qui reflète, selon lui, « l’immense potentiel de ce marché qui compte environ 30 millions d’entreprises et d’opérateurs économiques actuellement mal desservis en services financiers ».
dpa
