Le dernier rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur la performance macroéconomique de l’Afrique en 2025 dresse un tableau contrasté des perspectives économiques du continent. Si la croissance est en hausse, elle demeure fragile face aux nombreux défis internes et externes.
Une croissance en progression mais insuffisante
Selon la BAD, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de l’Afrique devrait atteindre 4,1 % en 2025, en hausse par rapport aux 3,2 % estimés en 2024. En 2026, cette tendance devrait se consolider avec une croissance prévue de 4,4 %. Cette dynamique s’explique par les réformes économiques mises en place dans plusieurs pays, visant à améliorer la compétitivité et la productivité des secteurs clés comme l’agriculture et l’industrie manufacturière.
Cependant, ces taux restent inférieurs aux 7 % nécessaires pour réduire significativement la pauvreté sur le continent. De plus, la BAD alerte sur la fragilité de cette croissance en raison des tensions géopolitiques, des conflits régionaux et des pressions inflationnistes qui pèsent sur le pouvoir d’achat des populations.
Inflation et dette : des obstacles persistants
L’inflation reste un sujet de préoccupation majeur. La hausse persistante des prix, notamment des denrées alimentaires et de l’énergie, a réduit le pouvoir d’achat et aggravé les inégalités sociales. Face à cette situation, la BAD recommande une meilleure coordination des politiques monétaires et fiscales pour réduire les tensions inflationnistes tout en stimulant la croissance.
La dette publique constitue également un frein au développement. De nombreux pays consacrent une part croissante de leurs ressources au remboursement de leur dette, au détriment des investissements dans les infrastructures et les services sociaux. Le rapport préconise ainsi des restructurations préventives et des réformes du système financier international pour alléger le fardeau de la dette.
Mobilisation des ressources et industrialisation
Pour renforcer la résilience économique, la BAD met l’accent sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources domestiques. L’amélioration des systèmes fiscaux et la lutte contre la corruption sont des leviers essentiels pour accroitre les revenus des États. Par ailleurs, l’exploitation et la transformation locale des ressources naturelles, notamment des minéraux critiques et terres rares, pourraient offrir une source de revenus alternative et réduire la dépendance aux exportations brutes.
Vers une croissance durable et inclusive
La BAD insiste sur l’importance d’une approche intégrée pour assurer un développement durable et inclusif en Afrique. Outre les réformes économiques, il est crucial d’investir dans les infrastructures, l’éducation et la santé afin de créer un environnement favorable à la croissance et à l’innovation.
En conclusion, si les perspectives de croissance sont encourageantes, elles restent vulnérables aux chocs externes et internes. L’adoption de politiques économiques plus résilientes et inclusives est essentielle pour garantir un avenir prospère à l’Afrique.
La rédaction
